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La difficulté d'être mère :

"La maternité est une histoire de coeur qui peut aller jusqu'à

faire perdre la tête ou du moins penser qu'on perd la tête"(Jean-Marie Delassus)


Il y a des mots qui sont systematiquement associés à des images de bonheur,

de ravissement, de douceur et de félicité!

"Maternité" et "mère" en font partis et ne doivent en aucun cas déroger à cette règle

sociale, culturelle et familiale qui impose aux femmes : l'obligation d'être

manifestement heureuse après la naissance de leur bébé!


On n'imagine pas (d'ailleurs on se le refuse) que lors d'une naissance il puisse en être autrement,

qu'un mère puisse se comporter autrement qu'en affichant sa joie, ses larmes d'émotions

et ses gestes d'élan et de tendresse envers pour son tout petit ! Il y a comme

un impératif moral et social à ce que l'entourage et les parents soient au rendez-vous

du bonheur quand bébé paraît.

Il y a comme une certitude indéboulonnable à ce que la mère soit présente, compétente

et surtout aimante pour son enfant dés qu'il ouvre ses yeux sur le monde!


On attend de la mère qu'elle se comporte instinctivement dans ses gestes de

maternage et d'affection vis à vis de son enfant, au même titre qu'elle respire,

mange, dort ou survive dans des situations extrèmes!


La mère doit faire preuve d'instinct maternel sous peine d'être jugée,
soupçonnée, culpabilisée

voir écartée de son enfant. Sinon ce serait la consternation et la sidération pour les autes, vite

suivi de tentatives d'explications de l'impensable : une mère qui ne sait pas l'être!

Elle sera à son tour jugée mauvaise, dénaturée, immature, irresponsable ou alors diagnostiquée

déprimée, depressive, folle... Une mère se doit d'être competente et aimante ou alors n'est pas!

Dans le second cas, elle sera au choix les adjectifs cités plus haut!

Et pourtant si la maternité heureuse, spontannée, sans problème existe, son envers aussi

et c'est ce côté obscur et volontairement laissé dans l'ombre dont nous allons
nous préoccuper!


Oui une mère peut rester insensible devant le berceau, n'éprouver que froideur, dégout,

angoisse vis à vis de son enfant!

Oui une mère peut se retrouver paralyser devant son enfant et être incapable de répondre

à ses besoins les plus simples.
Oui une mère peut ne pas savoir décoder les pleurs, les cris,

les mimiques, en rester sidérée et vaciller...
Et se sentir ainsi traversée par des sentiments

dont on n'imaginait même pas qu'ils puissent exister et encore moins se manifester

devant un tout petit bébé : la chair de notre chair.


C'est creuser la tombe du désespoir que de vivre de tels moments de
doutes et d'incompréhension.

Et les mères, parce qu'elles n'ont pas été prévenues, parce qu'on a préféré taire ce côté obscur

de la maternité, sont prêtes à s'y allonger et en mourir!

Oh pas necessairement mourir pour de vrai (le suicide) mais mourir tout doucement de l'intérieur

en silence ou parfois en s'abandonnant à la dépression ou la folie, ces deux syptômes de

la difficulté maternelle!


Puisque tout le monde se tait par ignorance ou par volonté,
comment savoir si l'on est en difficulté?

Comment mettre les bons mots sur une souffrance dont personne n'a envie d'entendre les manifestations?

Comment faire pour ce que l'on vit ne nous échappe pas?
Comment savoir si ce que l'on ressent n'est

pas un détachement émotionnel vis à vis de son bébé?

C'est que des mots il y en a, mais ils sont tellement banalisés par l'usage, tellements fait

pour désigner des choses courantes. Or la difficulté maternelle si elle est fréquente

n'est pas une chose dont on parle volontiers et pour le moment elle n'est désignée que

par ces symptômes.

On va rarement au delà de leurs descriptions!


Comment en parler? Comment aborder la maternité difficile qui est la cause profonde

et intime de ce que l'on vit, si déjà la plupart du temps les femmes en ignorent

tout ses symptômes, de ses prémices?

On entends les mots baby-blues, dépression du post-partum, parfois psychose puérperale,

ces mots font un joli ballet autour de notre lit d'accouchée et s'emmêlent

dans notre tête! Si déjà on pouvait connaître ce qui signe notre mal être, peut-être

pourrions nous aller au delà des apparences?

C'est pour cela qu'il me semble opportun de présenter les caractéristiques

de ces différentes manifestations physiques et psychiques de l'après naissance!

Pour que les femmes sachent dés le début reconnaître que c'est ainsi que

"le mal à sa maternité" se présente :

Définir les conséquences pour mieux cerner les causes!



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